“Ma mère, à toi je me confie.
Des écueils d'un monde trompeur
Écarte ma faible nacelle.
Je veux devoir tout mon bonheur
A la tendresse maternelle..”

•Alfred de Musset




Mère - Enfant

Depuis la création de son unité d'hospitalisation conjointe mère-bébé, le Centre Hospitalier Jean Titeca est constamment solicité par des services confrontés à une situation urgente génératrice d'angoisse : une femme enceinte ou qui vient d'avoir un enfant présente une pathologie mentale la mettant elle-même et/ou son bébé en danger ; les solutions à mettre en place, pour l'une et pour l'autre, ne sont pas évidentes.

En dépit de leur grave maladie, la plupart de ces mamans ne veulent pas se séparer de leur enfant ou vont profondément regretter tout le temps où une séparation a été mise en place ; l'hospitalisation de la maman seule ne permettra, dès lors, pas un travail thérapeutique satisfaisant, le besoin de revoir son enfant occultant pour la maman la prise de bonnes décisions pour l'avenir de la cellule familiale. Il en est d'ailleurs de même pour le déni de maternité de la patiente : trop souvent, les décisions de séparation du bébé provoquent chez l'intéréssée une relance de volonté, bien peu réaliste, d'avoir un autre enfant.

Nous considérons que dans ces situations complexes, la seule solution est la prise en charge conjointe de la mère et du bébé, né ou à naître, dans une unité bien équipée tant médicalement que pratiquement pour accueillir cette "dyade".

Disons tout de suite que, paradoxalement, si ce service préserve donc le lien mère-bébé, l'essentiel du travail se portera sur la perception par la mère de l'altérité de son bébé.

Cette maturation est essentielle pour qu'un lien affectif se crée au-delà du lien d'attachement. C'est ce travail permanent pour l'équipe soignante qui donne à la mère une conscience de ses responsabilités dans son rôle de procréation présent et futur.

Ce même travail permet au bébé ed faire ses premiers pas dans le monde avec sa mère et son père naturels. Si ce bébé, trop souvent ignoré dans son identité même et aidé de ses défenseurs médico-sociaux, se rend positivement compte de ce que son bien-être nécéssite la mise en place de structures complémentaires à la structure familiale, il vivra ces mesures plus positivement et s'extraira peut-être, grâce à ce travail préventif, de la transmission intergénérationnelle de l'inadéquation de la société.

L'unité mère-bébé du Centre Hospitalier Jean Titeca ne se pose donc pas la question de savoir si son existence est justifiée : elle existe comme une nécéssité de terrain.